Texte Libre

CE  blog  condamne  toutes formes de cruaute  envers  les animaux......et ne reconnait pas en tant qu'etres humains tous les piégeurs, chasseurs, dépeceurs, matadores et autres sadiques qui sèment souffrance et mort par pur plaisir et sans états d'ame....


Mercredi 6 février 2008
Ce croco est l'un des très nombreux "portraits"  de mon "bestiaire" personnel....
C'est un zorro napolitain bien vivant.....je vous le donne en pature ....bon appétit !

Parceque, putain de bordel de merde, aujourd'hui, j'ai de nombreuses obligations et je n'ai pas eu le temps de fignoler l'article que j'ai dans la cervelle, tout chaud, tout fumant.....et qui s'appelle , je vous préviens déjà : " Tu cherches la cogne ????? "
( merci, Petit Parrain Seb, pour cette expression qui t'appartient....mais qui me fait craquer !.......et pour ton chef-d'oeuvre de l'humour à l'occasion de l'anniversaire de Bloggy !)


L' ALLIGATOR


On pouvait le définir ...pataud......c'est à dire gros mais lourd, aussi.....
Un physique enrobé mais compacte, une ossature puissante et courte...
Pas de forme, pas de taille, mais comme une bosse de graisse diffuse enrobant les épaules et la nuque, faisant en sorte que la tete, au demeurant petite, semble prolonger le corps, sans transition....
Lourd et lourdeau...
Pas très vivace....les gestes lents et maladroits des empetrés, la démarche compassée et pénible de qui s'essouffle vite...
Le visage plutot beau des futurs obèses, mais empaté de toutes parts, si peu expressif, si peu mobile..
Les yeux, très clairs, ronds et globuleux, fatigués...
Le menton petit, tout rond, un peu fuyant, des bébés trop nourris..
La bouche, très charnue, perdait toute son obscénité potentielle en demeurant perpétuellement ouverte, la lèvre inférieure baillant, comme ayant perdu ses tirants....
L'ensemble devait etre forcément paresseux et flegmatique.
En fait, personne ne l'avait jamais vu gesticuler, hausser la voix, défendre un point de vue, s'altérer...
En réalité, bien peu avaient meme eu le privilège de l'entendre parler...
La voix était un peu enrouée, très douce, comme arrivant de loin....les mots, avares, mis ensemble au prix de grands efforts.
Il parlait plutot avec les yeux qui trahissaient sa stupidité insondable, sa parfaite conscience de l'etre, et....toute sa détresse....
Enfant, il avait du etre un de ces garçonnets obèses, maussades, soumis, peu sociable.
Adolescent, il avait délaissé les études....ou, plutot, ç'avaient été les études à le délaisser...
Mais il avait, sans heurtset sans problemes, emboité le sillage baveux de son père, comme un brave petit escargot...

Et voilà qu'un beau jour de ce marécage immuable et très ennuyeux, alors qu'il baillait  aux corneilles, confortablement ensablé dans sa flaque....une proie très stupide était passée par là...trop facile....et donc forcément stupide ou bien forcément inconsciente.....une proie !
Une fille de famille, pas très belle mais très riche dont personne n'avait voulu jusqu'alors...
Trop maigre....mais surtout trop gatée....gatée au point d'etre carrément empoisonnée....immangeable..
Lui était là, immobile, somnolent, fatigué de naissance, vautré dans la vase de son marécage, les yeux ingénus grands ouverts en périscope, la bouche béante, pour prendre l'air ou bien bailler ou bien simplement pour attendre que quelqque chose passat par là et y tombat...

C'est ainsi qu'il se retrouva au zoo....l'alligator pas très féroce....dans un beau vivarium super-luxe avec piscine chauffée et purifiée..
On le lavait, on lui grattait le dos , on lui servait des repas fort copieux, et meme, parfois, on jetait dans sa gueule de succulentes friandises...
C'était un brave alligator, pas féroce du tout, qui ne posait aucun probleme..

les visiteurs, pourtant, le nez plaqué contre la vitre, étaient un peu déçus...
Des heures, ils auraient pu rester là, en attendant qu'il ferme au moins une paupière sur deux, déplace un ongle ou tourne un peu la tete !
Mais on pouvait le solliciter....jeter des friandises par-dessus l'enceinte...

La gueule était toujours ouverte, restait béante, ne se fermait jamais...
On ne voyait, tout au fond du gosier, que ces deux muscles ronds et roses s'entrebailler, légèrement, comme un aanus, la bouchée disparaitre, happée par un grand vide...

par Chris communauté : L'écriture comme antidote !!!
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