Jeudi 31 janvier 2008
Connaissez-vous ces bals aux samedis de Carnaval où l'on retient par téléphone un diner de cinquante, un cotillon de vingt, un maitre de la danse aux
dents très blanches....
A la table quatorze, le Bourgeois et sa femme avaient fait leur entrée.
Lui avait mis des botillons vernis, un pantalon au liseré doré, une cape de soie, un jabot de dentelle, attaché à son flanc une épée de héros, de celles du temps des justes qu'on ne dégaine plus, et des épaulettes dorées masquent ses épaules vaincues, étiolées par l'horaire, courbées par les routines et par les fins de mois et par les traites et les billets et les billets et les billets qui gonflent ses désirs comme des matelas et font craquer ses poches, obsessionnent ses nuits et pleuvent, tombent sur son chapeau, se collent à son habit et font déjà comme un tapis sur le parquet jonché, sur la table salie, se sont concentrés là, en neiges éternelles sur le nez de sa Dame aux seins adultes sanglés dans un corset du temps des amours libres dont on reve la nuit, aux yeux muets voilés d'une mantille, au jupon volanté, tombe des mystères morts qu'on ne voit plus qu'au cinéma, d'où ne s'exhale qu'un parfum fort couteux. De Paris. Givenchy.
Ils ont loué, comme tant d'autres, un bel habit pour couples assortis et signé une trève avec les ennuis, loué, pour ce soir-là, un pale commencement de début de naissance de joie, loué cela comme leur caste et leur emploi et leurs droits et leurs lois, des avenirs pour leurs enfants de choix, un soleil pour deux mois, un tombeau pas trop haut, et jusqu'à leur devoir de parler bien un correct italien, de trier bien, dans le troupeau, les agneaux plus racés, de n'aimer point, l'amour s'achète trop.
Ils ont loué à d'autres hommes, contre des billets colorés, une licence, un doctorat, et, par ce fait, le droit de juger en assises de détenus savants le grand patron de leur prison, ce dictateur borné qui vous a régné pour vingt siècles, ce désuet qu'on dégrada au rang de chapelain pour les extremes onctions.
Et on avait élu à l'hunanimité l'Homme, le licencié, le savant, croqueur de tant de pommes sans qu'aucune Eve n'y soit pour rien, malgré les exhortations des gardiens.
L'Homme, ultime sauveur de l'Humanité!
Et chaque matin il martelles Ses clous à coups de liasses de billets et chaque midi il flagelle Son flanc à coups de ressentiments et chaque nuit grandit son agonie en meme temps que ses enfants tarés.
Connaissez-vous cette homme, le Bourgeois cultivé, l'Intellectuel, celui qui pouvait tout sauver!......Lui qui ne voit pas que , du ciel, pleut une étrange pluie de billets....
Ils sont à sa cheville, à son genoux, à son cou, à ses yeux...
C'est bien là une étrange idole, pas meme un veau fait d'or, seulement de papier.
Chapelain !...tu sais bien que le temps n'est pas loin pour d'autres Sodome et Gomorrhe .....
A la table quatorze, le Bourgeois et sa femme avaient fait leur entrée.
Lui avait mis des botillons vernis, un pantalon au liseré doré, une cape de soie, un jabot de dentelle, attaché à son flanc une épée de héros, de celles du temps des justes qu'on ne dégaine plus, et des épaulettes dorées masquent ses épaules vaincues, étiolées par l'horaire, courbées par les routines et par les fins de mois et par les traites et les billets et les billets et les billets qui gonflent ses désirs comme des matelas et font craquer ses poches, obsessionnent ses nuits et pleuvent, tombent sur son chapeau, se collent à son habit et font déjà comme un tapis sur le parquet jonché, sur la table salie, se sont concentrés là, en neiges éternelles sur le nez de sa Dame aux seins adultes sanglés dans un corset du temps des amours libres dont on reve la nuit, aux yeux muets voilés d'une mantille, au jupon volanté, tombe des mystères morts qu'on ne voit plus qu'au cinéma, d'où ne s'exhale qu'un parfum fort couteux. De Paris. Givenchy.
Ils ont loué, comme tant d'autres, un bel habit pour couples assortis et signé une trève avec les ennuis, loué, pour ce soir-là, un pale commencement de début de naissance de joie, loué cela comme leur caste et leur emploi et leurs droits et leurs lois, des avenirs pour leurs enfants de choix, un soleil pour deux mois, un tombeau pas trop haut, et jusqu'à leur devoir de parler bien un correct italien, de trier bien, dans le troupeau, les agneaux plus racés, de n'aimer point, l'amour s'achète trop.
Ils ont loué à d'autres hommes, contre des billets colorés, une licence, un doctorat, et, par ce fait, le droit de juger en assises de détenus savants le grand patron de leur prison, ce dictateur borné qui vous a régné pour vingt siècles, ce désuet qu'on dégrada au rang de chapelain pour les extremes onctions.
Et on avait élu à l'hunanimité l'Homme, le licencié, le savant, croqueur de tant de pommes sans qu'aucune Eve n'y soit pour rien, malgré les exhortations des gardiens.
L'Homme, ultime sauveur de l'Humanité!
Et chaque matin il martelles Ses clous à coups de liasses de billets et chaque midi il flagelle Son flanc à coups de ressentiments et chaque nuit grandit son agonie en meme temps que ses enfants tarés.
Connaissez-vous cette homme, le Bourgeois cultivé, l'Intellectuel, celui qui pouvait tout sauver!......Lui qui ne voit pas que , du ciel, pleut une étrange pluie de billets....
Ils sont à sa cheville, à son genoux, à son cou, à ses yeux...
C'est bien là une étrange idole, pas meme un veau fait d'or, seulement de papier.
Chapelain !...tu sais bien que le temps n'est pas loin pour d'autres Sodome et Gomorrhe .....