Mardi 11 mars 2008
Parfois, cette impression déroutante d'aller de l'avant,dans les petits matins, sur la Grand Rue du Net, comme une ROM mal peignée, mal fringuée de
trucs effilochés de toutes les couleurs, raclant le pavé de mes sabots-savattes avec un bruit de castagnettes, remorquant mon marmot Bloggy qui marche à peine, ébourriffé, pleurnicheur, un peu
morveux.....suivie par deux, trois cabots miteux et sautillants qui s'arretent, de temps en temps, pour se gratter les puces.....
La Grand Rue du Net, qui ressemble si étonnament aux Grands Rues de ces petites villes qui me déconcertent tant quand je viens en France.......désertes et silencieuses.
.....désertes ....mais pas trop....."busy" de l'intérieur...
Quelques rideaux de fer déjà semi-ouverts sur des profondeurs noires....une lueur qui brille à un étage, isolée comme un phare....un volet s'ouvre et claque avec politesse....quelques coins de rideaux s'écartent, à peine, à mon passage....
On entend pourtant tout un bruissement de vie , là-dedans, affairé mais solitaire....j'ai meme surpris, en passant, comme une musique, étouffée par les vitres....une musique...
Un type sort sa poubelle comme un coupable, détale dans sa porte,furtif comme un voleur...
Un autre, en bicyclette, sorti d'une montée comme un soleil levant, arrive lentement, comme dans un reve, me croise, avec ce silence énervant des bicyclettes, passe comme un fantome, me dépasse sans bruit, disparait, happé par les demies teintes en verts de gris de l'aube...
Des merles se causent joliement du bord d'un toit à l'autre, se répondent, surpris, interloqués...
Je connais leur langage....ils disent : " C'est beau, la vie !!.....qu'est ce que vous attendez?????......qu'est ce que vous attendez ???
Ppputain de merde !!!!......je m'en fous !!!
Je ne suis pas très propre et j'ai les ongles noirs .......le raclement de mes sabots vous irrite, vous crispe , les caprices de mon mouflet aussi, les puces de mes chiens......leur liberté, surtout !
Je trainerai dans les matins mes jupes bariolées, j'allumerai vos yeux habitués à ce gris, et je vous souillerai le silence , je vous insulterai l' éducation...
Je sifflerai mes chiens sans vergogne à cinq heures du matin et je bramerai dans vos cours et je fouillerai vos poubelles.....
Et puis
.....quand sonnera l'heure de la grand messe, je m'affalerai comme un tas au coin de vos parvis, puante, avec mes puces et mon mouflet morveux, étalant mes couleurs dans ma chaleur sale...
Et vous !.....vous chercherez, au fond de vos grands sacs profonds comme des puits, un regard condescendant ?.....une pièce ????
.....cachant avec grand soin, dessous vos beaux habits, vos désirs impuissants et vos blames tacites....envers ma liberté et mon fatalisme infinis....
La Grand Rue du Net, qui ressemble si étonnament aux Grands Rues de ces petites villes qui me déconcertent tant quand je viens en France.......désertes et silencieuses.
.....désertes ....mais pas trop....."busy" de l'intérieur...
Quelques rideaux de fer déjà semi-ouverts sur des profondeurs noires....une lueur qui brille à un étage, isolée comme un phare....un volet s'ouvre et claque avec politesse....quelques coins de rideaux s'écartent, à peine, à mon passage....
On entend pourtant tout un bruissement de vie , là-dedans, affairé mais solitaire....j'ai meme surpris, en passant, comme une musique, étouffée par les vitres....une musique...
Un type sort sa poubelle comme un coupable, détale dans sa porte,furtif comme un voleur...
Un autre, en bicyclette, sorti d'une montée comme un soleil levant, arrive lentement, comme dans un reve, me croise, avec ce silence énervant des bicyclettes, passe comme un fantome, me dépasse sans bruit, disparait, happé par les demies teintes en verts de gris de l'aube...
Des merles se causent joliement du bord d'un toit à l'autre, se répondent, surpris, interloqués...
Je connais leur langage....ils disent : " C'est beau, la vie !!.....qu'est ce que vous attendez?????......qu'est ce que vous attendez ???
Ppputain de merde !!!!......je m'en fous !!!
Je ne suis pas très propre et j'ai les ongles noirs .......le raclement de mes sabots vous irrite, vous crispe , les caprices de mon mouflet aussi, les puces de mes chiens......leur liberté, surtout !
Je trainerai dans les matins mes jupes bariolées, j'allumerai vos yeux habitués à ce gris, et je vous souillerai le silence , je vous insulterai l' éducation...
Je sifflerai mes chiens sans vergogne à cinq heures du matin et je bramerai dans vos cours et je fouillerai vos poubelles.....
Et puis
.....quand sonnera l'heure de la grand messe, je m'affalerai comme un tas au coin de vos parvis, puante, avec mes puces et mon mouflet morveux, étalant mes couleurs dans ma chaleur sale...
Et vous !.....vous chercherez, au fond de vos grands sacs profonds comme des puits, un regard condescendant ?.....une pièce ????
.....cachant avec grand soin, dessous vos beaux habits, vos désirs impuissants et vos blames tacites....envers ma liberté et mon fatalisme infinis....