Là-haut sur la colline, à la mer campagne, la seule personne à laquelle je pouvais présenter Bloggy, la seule, c'était mon amie allemande qui sait tout..
Elle habite non loin de chez moi, une ex villa de bord de mer transformée par ses délicats soins teutons en chateau bunker de Dracula. Elle nous est restée là après un veuvage imprévu, malgré sa furieuse envie d'aller ailleurs, parcequ'elle ne peut plus déménager....tous ses acquariums, ses élevages de poissons exotiques, ses vivariums de lézards, d'insectes, d'araignées, de couleuvres,ses tonnes de bouquins, ses plantations d'aloes et autres herbages calmants, cicatrisants,tonifiants et fort envahissants.
Quand nous nous sommes connues, nous nous sommes détestées ,immédiatement et, juste aprés, engueulées copieusement, comme prévu.
Quand elle est restée veuve,à cause de ma cervelle de Saint François d'Assise, j'ai essayé de l'apprivoiser, comme on le ferait avec un rotweiler écumant derrière une grille.
Cela a été ma foi long et pénible ,mais, maintenant, depuis quelques années ,il s'est instauré, entre nous, bien plus qu'une amitié, une grande estime.
Car elle est exactement mon contraire, la biologiste -teutonne- sur -le -retour-un-mètre-quatre-vingt-quatre-vingt-dix -kilos.Et je sais que, souvent, malgré ses réparties qui ont tout d'un sifflement de cobra venimeux, elle aimerait tant me ressembler. Et moi, souvent, j'aimerais tant etre comme elle!
Elle est tout ce que je ne suis pas, elle a tout ce que je n'ai pas. Et vice-versa.Et elle est mon vétérinaire attitré.
Nous sommes, sur la colline, les seules personnes à nous fréquenter (tous les autres habitants de ce village touristique, italiens, désormais,se détestent), les seules personnes à marcher pour de longues promenades dans les montagnes, avec les chiens (les italiens ne sortent jamais sans voiture, meme pour faire dix mètres et détestent les chiens), je la reçois à Naples pour lui faire découvrir les secrets les plus cachés de la ville,et, dès que nous avons un probleme, tout se fait par mail.
Déjà, en me voyant arriver à son portail, l'oeil mince et bleu prenait des tons plus qu'inquisiteurs,déjà réprobateurs.
Mais la curiosité de la scientifique fut plus forte que l'envie de m'engueuler.
Elle jette un coup d'oeil dans ma poche et elle me fait: "Pas fraiche, ta crevette!"
Juste après, ça a commencé : les chiens, pelés, galeux, rogneux, enceintes,le hérisson agonisant,le renardeau tombé dans la piscine (vide!),le crapeau à moitié écrasé, un grand-duc,les oeufs de géko en incubatrice, la couvée de cailles à foutre sous la poule,34 moineaux éclopés,un perroquet échappé d'un cirque,"2 scorpions orphelins qui adoraient le jambon cuit....
Non! elle n'a jamais vu ce genre de cloporte!
Non! elle ne sait pas ce que ça mange! et surtout ce que cela devient.
Il n'y a plus qu'à essayer, plusieurs diètes. Pour l'instant, le pudding italien de Manzoni semblait faire l'affaire.
Mais il fallait surveiller ses selles.
On verra à mon retour. Je pars pour le Togo.
Ah! bon! Pourquoi?
Parceque c'est rigolo; à Lomé, il est affiché partout sur les murs : "Interdit de forniquer dans la rue"
J'ai 325 vaccins à faire. Aucun n'est obligatoire........................mais elle, elle est allemande!
Elle revenait juste de St: Pétersbourg, et, juste avant, d'Australie.
Un mois en Australie à se faire tartir car, là, à moins d'organiser des expéditions scientifiques avec guides, jeeps,tentes,médecin et matériel, pas de routes praticables, très dangereux,: Confinée à Sidney avec la troupe de touristes à aller voir les animaux dans un zoo! Seule aventure cocasse: à l'arrivée, c'est tout juste si on ne l'avait pas foutue en tole à cause d'une............................banane! qu'elle avait mis dans son bagage à main!
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